Il ne faut plus nous définir sur un modèle « idéal » fantasmé et déconnecté de la réalité sociale, sociologique, historique, culturelle du pays dans lequel on se trouve, mais se voir et être en phase avec l’environnement qui nous entoure, comme le prophète Muhammad (saws) et le regard critique d'Ibn Khaldoun.
Il y a une grande mauvaise foi ou ignorance chez ceux qui qualifient couramment de "communauté musulmane" des citoyens qui eux-mêmes ont des difficultés à se définir vu la diversité des opinions et la complexité sociologique: croyants, athées, agnostiques, cadres supérieurs, classes moyennes, couples mixtes, métisses... et de la même façon pour les musulmans qui se représentent comme tels. Celle-ci est un mythe, un fantasme qui est alimenté aussi bien par les franges islamophobes de la droite et de l'extrême droite que par les pratiquants qui sont tombés dans le piège de l’islam symbolique ou médiatique.
Je m'explique, ces mouvements extrémistes des deux bords ne sont pas apparus de façon spontanée. Ils sont le produit d'un processus historique et sociologique long, et l'ignorer c'est prêter le flan aux théories les plus dangereuses.
Depuis le 11 septembre 2001 et la théorie du choc des civilisations, que ça soit de la part des médias ou de pseudo-experts sur la question de l'islam, chacun y est allé de son refrain. Or, de quel Islam ou islam parlons-nous? D'une civilisation qui débute du VII ème siècle mais qui a des racines plus anciennes et qui a fusionnée avec les aires conquises, s'étendant de l'Andalousie jusqu'aux confins de l'extrême Orient pour former ce que Fernand Braudel a appelé "le premier système-monde", avatar d'une mondialisation (à ce propos lire les travaux de Maurice Lombard)?
Que nenni! Comme l'a si bien montré Thomas Deltombe dans son livre "L'islam imaginaire, la construction médiatique de l'islamophobie en France de 1975 à 2005", aux éditions La Découverte, les médias n'ont focalisé et ne prêtent attention qu'aux franges les plus radicales. Pourquoi? Est-ce pour jouer sur les peurs? Ou pour "justifier" les différentes guerres et autres raisons de contrôle géostratégique et énergétique ? Ou jouer sur l'insécurité à l'échéance de prochaines élections présidentielles?
En France, ces mouvements islamistes qui se revendiquent comme les seuls tenants de la « tradition authentique » progressent auprès d'une jeunesse perdue, acculturée, et ignorante. Ils privilégient l'apparence physique (Barbe et tenues ostentatoires, comme si l'islam se réduisait à cela) au lieu de la connaissance réelle de l'islam.
Entre les mains de beaucoup d'ignorants l'islam ne devient pas une religion mais une secte qui exclut ceux qui ne lui ressemblent pas. Ces musulmans connaissent un problème d'interprétation et de priorité. Ils ont un déficit de ce qu'on appelle Akhlaq ou qualités humanistes. Nous sommes loin de la parole prophétique de Muhammad qui dit "N'a pas la foi celui qui n'aime pas pour son frère ce qu'il aime pour lui-même." ils lui préfèrent le hadith qui dit "Il y aura 73 tendances ou sectes chez les musulmans et la seule communauté qui sera sauvée est celle qui suivra le Coran et la Sunna". Bien sûr, mais un peu d'humilité ne leur ferait pas de mal, parce qu'ils jugent comme s'ils avaient la garantie d'être élus pour le paradis et que les autres sont voués à la damnation. Tout ne se définit chez eux que sur l'apparence et sur le mode binaire: croyant/non croyant ou croyant sincère/hypocrite, alors que le seul à connaître le contenu des poitrines et des intentions n'est ni plus ni moins qu'Allah.
Et vivre dans un pays dit d'infidèles ou pour reprendre une dénomination obsolète de Dar Al-harb (territoires non islamiques ou littéralement maison de la guerre) en profitant du chômage ou du RSA en critiquant ceux qui ne font pas leurs prières à temps, montrent leur degré de contradiction. En effet, alors que, durant une dizaine d'années à la Mecque, le prophète Muhammad (saws) avait formé ses disciples sur le Tawhid (l'unicité de Dieu ou d'Allah), sur la fraternité, l'amour de son prochain, le respect de son voisin croyant ou non-croyant... Et qu'il avait dit que le travail est la moitié de la foi, ou qu'un croyant qui pourvoit aux besoins de sa famille ou à la communauté via la Zakat (aumône obligatoire, pour qui en a les moyens) est préférable au croyant qui vit dans l'oisiveté. Or, ces mouvements d'un seul regard jeté de façon lapidaire excommunient ou jugent du degré d'islamité ou de conformité vestimentaire ou de pilosité de celui qui se trouve face à eux, remettant au goût du jour une forme d'inquisition.
Quant aux médias ils font la part belle à ces groupuscules, amalgamant ainsi tous les musulmans. Mais à qui profite cette politique d'essentialisation afin de justifier sa politique sécuritaire, et d'occupation et coloniale pour « nos alliés atlantistes » en d’autres cieux? Pas besoin de donner la réponse, parce que tout le monde la connait.
De la même façon, ces mouvements néo-soufis soutenus par des dictateurs en manque de légitimité ne sont que symptomatiques de la crise que connaissent les musulmans d'aujourd'hui face à une modernité et des États-Nations à la dérive et aux soldes de sphères politico-financières corrompues.
Certains musulmans sont vraiment tombés dans le piège du symbolique et du médiatique et ils ne font que servir les intérêts de ceux qui les instrumentalisent (qui ont intérêt à favoriser le communautarisme afin de justifier leurs politiques) et de ceux (régime Saoud) qui vivent une schizophrénie et une illégitimité patente. Il faut le dire une bonne fois pour toute, l'Islam n'est ni le salafisme, ni le soufisme, ni aucun autre mot ou tendance en isme. L'Islam est l'Islam et les musulmans sont des musulmans comme le Prophète Abraham se définit lui-même dans le Coran: soumis à Dieu ou Allah.
Il ne faut plus voir l’islam comme un prêt à porter (barbe et qamis) ou un mode d’emploi, mais bien plutôt comme un cheminement. Bien entendu, on m’a souvent répondu, « Mais l’islam c’est un tout, soit on l’accepte dans sa totalité, soit on est un hypocrite ». Et la véritable question est « qu’est-ce que l’islam ? ». Est-ce seulement un ensemble de codes, de normes, d’interdictions et d’autorisations, et dans ce cas on retombe dans la mise en garde du prophète Muhammad (saws), « Ne refaites pas la même erreur que les Banû Israël » au point de vous écraser sous le poids de la Loi ? Ou plutôt, l’islam, le Coran, la parole d’Allah, ne nous incitent-ils pas à la miséricorde, à l’amour, à la fraternité, à l’écoute, au pardon, sachant que le Leitmotiv et l’un des noms divin qui revient à chaque ouverture de Sourate et à longueur de versets est A-Rahman (Le Tout Miséricordieux) ?
D’aucuns me diront « nos ennemis nous attaquent de toutes parts via leur mode de vie consumériste et ultra libéral », or il serait temps de se voir comme non plus issus d’un système traditionnel et patriarcal mais comme des produits de la modernité. En effet, l’emballage peut-être « traditionnel » ou « muslim wear », mais les comportements du Maghreb à Dubaï jusqu’en Indonésie sont les mêmes que le citoyens occidental lambda. Vouloir revenir à un modèle « mythique » et « idéalisé » du VIIème siècle alors que l’Arabie Saoudite elle-même est traversée par ses contradictions depuis sa constitution en État-Nation: entre modernité et ses effets pervers dont elle paie le prix (dépendante des pétrodollars au point d’accepter l’implantation de bases américaines sur son territoire), et modèle « idéal authentique » à défaut de légitimité (Bani Saoud mis au pouvoir par les anglais, Cf Lawrence d’Arabie), ce qui explique pourquoi ils sont les premiers exportateurs de cette idéologie pseudo-salafiste où est privilégiée l’apparence au contenu : un islam symbolique ou médiatique dont les chaînes satellitaires nous font l’éloge à longueur de journées.
Il ne faut plus nous définir sur un modèle « idéal » fantasmé et déconnecté de la réalité sociale, sociologique, historique, culturelle du pays dans lequel on se trouve, mais se voir et être en phase avec l’environnement qui nous entoure, comme le prophète Muhammad (saws) et le regard critique d'Ibn Khaldoun. D’aucuns m’objecteront que le prophète Muhammad (saws) avait fait la Hijra ou l’exil pour échapper à l’hostilité et l’oppression des Quraishites (habitants de la Mecque, sa ville natale), mais la question fondamentale qui me vient à l’esprit, « Quelle est la réelle Hijra ou le réel exil lorsque l’on sait la situation des pays arabes et musulmans en mutation depuis le choc colonial sous l’effet de la modernité et du consumérisme à l’échelle mondiale avec les dérives que l’on connaît (corruption, prostitution, délinquance, drogue, etc.)?
Que penser de la situation de pays pseudo-islamique face à cette post-modernité ou mondialisation et l'homogénéisation des comportements consuméristes? Notre priorité n'est-elle pas de nous réformer intérieurement, passer de la victimisation stérile à l’épanouissement et à la quiétude ou la sérénité de l’âme, le propre de l’islam dérivé du mot Salam (Salut) ? Le plus grand Djihad (effort) n’est-il pas le Djihad Nafs (l’effort contre son ego) ? Ne devrions-nous pas admettre la complexité et la diversité comme une volonté divine, et éviter de vouloir à tout prix imposer à l'autre notre vision du monde comme étant la seule vérité? Accepter la diversité, la complexité, le dialogue comme le suggère Edgar Morin? Voilà le vrai débat.
Commentaires
Partie 1 :
"Il y a une grande mauvaise foi ou ignorance chez ceux qui qualifient couramment de "communauté musulmane" des citoyens qui eux-mêmes ont des difficultés à se définir, et de la même façon pour ceux qui se représentent comme tels. Celle-ci est un mythe, un fantasme qui est alimenté aussi bien par les franges islamophobes de la droite et de l'extrême droite que par les pratiquants qui sont tombés dans le piège de l’islam symbolique ou médiatique."
Il est étonnant de constater tout le mal que peuvent se donner certains de nos frères pour nier la notion de oumma, sa réalité autant que sa légitimité normative. La oumma n'existe pas, entonnent-ils en choeur (formant paradoxalement une contre-oumma).
Ce type d'attitude est symptomatique d'une forme d'aliénation produite par la modernité sur les musulmans en mal d'identité. Le désarroi et la souffrance d'une dualité mal vécue finit par produire ce type d'auto-rejet. La oumma ne serait qu'un symbole ou un fantasme.
Partie 2 :
Tiens donc. Mais alors que sont les fidèles réunis en prière devant le Très-Haut qu'on appelle jama'a ? Et ces millions de pèlerins communiant dans la foi et l'unicité d'Allah, que sont-ils ? Des illusions, des songes ou des "symboles" ? Les belles paroles du Prophète (PBDSL) soulignant les vertus de cette union de coeurs et d'esprits, une tromperie ? Non, simplement l'incarnation micro ou macro de cette oumma qui, n'en déplaise à ses éternels détracteurs, existe belle et bien sur le plan existentiel et principiel. Oui, cette oumma est en crise, divisée et en proie à toutes sortes de difficultés mais elle vit bel et bien et se renouvelle constamment. Il serait vraiment temps de le comprendre, mais pour se faire, une opération s'avère ici indispensable.....
Partie 3 :
Ne pas confondre union et unité (processus et aboutissement)et unité et uniformité (harmonisation d'éléments divers autour de valeurs communes, homogénéité d'un corps excluant les nuances).
Mais plus encore dirions-nous faudrait-il que les musulmans d'Europe saisissent ce qu'est la modernité que notre auteur revendique si fort : "or il serait temps de se voir comme non plus issus d’un système traditionnel et patriarcal mais comme des produits de la modernité."
La modernité et les valeurs qu'elle véhicule (déconsidération de la transmission et de l'héritage du passé qu'elle nie, mystique de l'avenir source de progrès et d'illusions humaines aussi destructrices des sociétés humaines que nocive pour l'Homme par leur culte égolatrique de la liberté, négation du Très-Haut qui dans la hiérarchie des valeurs et des entités n'occupe au mieux qu'une place subsidiaire) autant de développements qui ont conduits les Modernes a sombré dans le nihilisme...
Partie 4 :
que des intellectuels policés ont sobrement appelés post-modernité (en gros crise et faillite des piliers du modernisme)...
Le déficit de travaux philosophiques et conceptuels contemporains développés d'un point de vue islamique explique ce type d'erreurs de jugements qui ont consisté à voir en l'Homme prométhéen un avatar possible de l'homo islamicus, l'Homme califale ou comme disent les auteurs de l'école traditionnelle, l'Homme pontifical...
Salam Aleykoum,
Mon frère Fouad, je trouve ton message pertinent sur certains points mais j'émettrais une critique positif j'espère inchALLAH. Ta pensée est retranscris de manière trop complexe pour pouvoir se transmettre à la majorité de la OUmma qui te lira. Je suis persuadé que tu pourrais véhiculer ton message avec plus de simplicité dans ta rhétorique même si j'apprécie cette dernière qui plus est venant d'un frère.
Pour revenir à l’article du frère Djamel et à ton commentaire, je voudrais simplement signaler que la Oumma doit être vertueuse, ce qui implique que les musulmans qui la composent doivent tous se diriger dans la vie d’ici bas à être vertueux même si notre environnement actuel complique cette honorable tâche. La soumission à ALLAH ne peut être acquise si on ne cherche pas à accéder au meilleur des comportements.
Suite :
Socrate disait : « Je crois qu'on ne peut mieux vivre qu'en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu'en ayant la pleine conscience de son amélioration ». Et toutes les lois divines qui nous ont été descendus étayées par la Sounna ne sont là que pour nous diriger vers la réforme de notre âme pour que l’on devienne vertueux.
Je suis persuadé que l’addition d’âmes vertueuses ne peut former qu’une société vertueuse. Par conséquent tout le monde est responsable de la formation ou non de la Oumma car l’objectif à atteindre pour chacun est connu. Ce qui fait défaut à ce jour est notre coordination et la complexité que l’on construit autour d’un chemin droit clair, unique et universel que décrit l’Islam.
Si vous me dites que ma pensée est une utopie alors je suis le premier à ne pas avoir compris la finalité de l’âme musulmane.
Salam aleykoum.
Merci à Djamel Assemi pour son article et à Fouad Bakri pour ce que j'appellerai son contre article.
Ces deux textes, pas forcément antagonistes, me paraissent être un sujet de discussions, de confrontations d'idées, très important pour nous tous, musulmans d'abord et bien évidemment, mais aussi pour les non musulmans qui, comme moi, s'intéresse à l'islam.
Cordialement
Nous voici revenus, contre notre volonté commune, à une nouvelle forme de la confrontation entre "les anciens et les modernes".
Que cela nous renvoie quelques siècles en arrière ne semble gêner personne.
Certains, comme Fouad Bakri, voyant l'émergence de la Oumma comme une nécessité faisant contrepoint à la notion de citoyenneté. Pas moins!
Mr Djamel Assemi a raison.
Bonjour, salam,
J'espère que l'auteur de cet article a prévu une suite ... car ce qui est interessant ce n'est pas de savoir si la communauté musulmane est fantasmée ou si elle est vivace ...
Que la communauté musulmane (communauté de foi) ne soit pas monolithique, c'est une évidence. On peut très bien voir des fideles se réunir pour un même objectif (ici Dieu) mais être completement atomisés. Je peux tres bien prier Dieu et n'avoir aucun lien fraternels avec mes voisins ... Combien ne se salut pas à la fin de la prière et quitte la Mosquée au pas de course sans un regard pour l'autre ? On peut être une communauté de foi mais être divisé en son sein ...
Que la communauté de foi soit réelle ou fantasmée n'est pas l'essentiel. Car le plus important est de savoir comment "nous réformer intérieurement" pour renforcer son poids spirituel et s'ouvrir sur l'extérieur de la société en transmettant les nobles valeurs de paix, d'amour, de fraternité citées par l'auteur.
c'est cette construction de l'intérieur qui sera le remede à la dégradation des relations humaines dans une société ultralibérale.
Société qui ne cherche qu'à diviser en communauté,à diviser l'individu de l'intérieur avec des valeurs égoistes dont se nourit l'économie libérale ...
Salam,
Le frère Fouad soulève de vraies questions.
Le tord de l'article est de glisser d'un extrême à l'autre. Qu'il y ait de l'utopie et du fantasme dans nos façons de penser la oumma me semble évident. La question est alors de bien poser ce qu'est la oumma et ce qu'elle n'est pas.
Car finalement, le problème de fond qui est posé dans ce débat c'est de se demander comment on peut préserver une unité au sein de la diversité et une vraie diversité au sein de l'unité.
Monsieur Assemi, Salam!
Votre exposé me laisse perplexe. Je constate également que vous avez signé la tribune intitulée "Le malentendu de la philosophie occidentale sur la critique de Dieu ou de la religion". Qui me laissait perplexe tout autant. je n'avais pas voulu réagir à cette dernière, estimant qu'il s'agissait d'un évènement isolé, et qu'il fallait tolérer, celui d'un "intellectuel" réclamant et obtenant une tribune pour enfiler truismes, sophismes et platitudes ad libitum. Mais à présent que vous devenez un habitué du site, presque un éditorialiste, avec pignon sur rue, je me dois de réagir énergiquement. A vous lire, j'ai le net sentiment que votre cruel manque de moyens intellectuels n'a pas réussi à vous convaincre de renoncer au déploiement de vos ambitions en la matière. Je ne comprends non seulement pas votre désir d'obtenir une tribune publique à ce niveau de votre développement personnel, mais je ne comprends pas non plus que d'autres vous l'accordent...
Un bon musulman croyant ne peut vivre sa religiosite qu'en terre d'Islam,car la tentation et l'assimilation sont deux facteurs
dangereux pour le fidele,la plupart de nos immigres sont venus
en Europe non croyants pour la plupart,ils ont retrouve la foi en
terre etrangere,il faut le faire,les conditions de ce retour me sont
encore inconnues,il fut un temps en France,le voile etait inconnu
sur la place public,la burqua n'en parlons pas.Il y a une jeunesse
nee en France qui a choisi de porter le hijab,ce qu'on remarque surtout elles viennent principalement des quartiers ou banlieues pauvres,la,regne un semi-Etat,et il suffit qu'une le porte pour ca fasse tache d'huile,quelques fois contraintes,ou tout simplement, faire comme tout le monde.
Cet article m'a d'abord rendue perplexe. La réaction de Fuad Bahri clarifie le débat. En effet, Djamel Assemi semble bien condamner l'Umma existante. Ne rejette-t-il pas le salafisme, le soufisme et les saoudiens, leur reprochant de manquer d'Akhlaq, de morale en arabe classique. Je ne dis rien des voilées et des barbus...
Méthodiquement, j'ai essayé de comprendre la thèse de l'auteur. Il oppose l'islam symbolique et médiatique aux citoyens réels. Reste alors à distinguer les symboles et ce qu'ils représentent. L'Umma idéale est probablement plus à venir que réalisée. La communauté de ceux qui se disent musulmans pourrait être différente de celle de ceux qui se soumettent vraiment à Dieu. Djamel Assemi reconnaît que Dieu seul pourra opérer cette distinction, Lui seul pouvant opérer l'unité de la diversité et la sauver. Ses références à Abraham et au Tout Miséricordieux font l'accord des esprits.
La médiatisation de l'islam est menteuse. Djamel Assemi le montre bien. Elle rend compte
Cette médiatisation rend compte davantage d'éléments originaux que de majorités citoyennes qui vivent toutes dans le monde moderne et ses sociétés de consommation.
En prendre conscience importe si nous voulons contextualiser ce débat. L'islam, deuxième religion du monde ne saurait se réduire à quelques sectes, reproduisant la vie de sociétés révolues et patriarcales.
Une question pourrait être celle de l'inculturation, c'est-é-dire de l'effort pour faire pénétrer le message divin dans des cultures différentes.Ne sommes-nous pas à ce point en accord avec une finalité de l'Umma ?
Les citoyens réels y participent sans se prende pour "le seul peuple élu", amoureux de la paix qui demande des réformes efficaces !
Ma chère Liliane quand je lis les énormités venant de la "Oumma" de ce site, je me dis qu'il n'y aucune espèce de chance (on devrait dire de malchance), que de pareilles exigences religieuses, totalement en dehors du temps et de l'espace européen, à mille lieues de la vie réelle des citoyens, soit possible à moins de rechercher la confrontation directe avec la société civile.
Aujourd'hui la confrontation a commencé et la société prend conscience de cette agression ubuesque et y répond de façon appropriée par la loi.
La montée de l'islamisme dans les pays arabes est une vraie aubaine, car la confrontation de cette religion avec les problèmes réels d'une société, notamment économiques, montreront très vite son incapacité à les résoudre. La sécularisation sera forcée et montrera aux musulmans vivants en europe que la Oumma fantasmée se doit pour exister de s'adapter à son nouvel environnement sans vouloir le changer.
Convaincus que la place réservée aux religions en Europe est la bonne.
M.Assemi, il manque à votre article l'outil indispensable du "tisseur" de représentations sociales (l'ancien et le nouveau, l'extérieur et intérieur, l'inculte et le lettré...), ce petit "point d'Archimède" si cher à M.Weber à partir duquel l'on peut faire basculer les automatismes de son propre regard et prendre une certaine distance avec ces évidences intellectuels. L'analyse sociologique ne peut être représenter comme point d'aboutissement, à moins que vos intentions soient de participer à l'ambiante inertie des visions !!!
Salam,
Avec un certain courage et sans langue de bois, l'auteur décrit des travers propres à notre "Communauté" (considérons qu'elle existe du point de vue d'Allah et de son prophète [saws]) et il y a un bénéfice certain à ce que chacun fasse son examen de conscience à propos des principaux points évoqués.
Il faut aussi saluer la qualité des commentaires que cet article a suscités.
Cependant, une certaine subjectivité, quelques raccourcis fourre-tout et une conclusion pas assez synthétique ont peut-être un peu terni l'ensemble.
Palazzo,
Votre axiome de départ est faux. La suite en dépend. Dire que la Oumma ne dit que des énormités est gênant puisque finalement vous en faites partie. Elle est faite de religieux et de non-religieux. Elle s'exprime sur ce site.
Votre axiome est que la religion situe l'homme hors du monde et que le monde réagit. Vous parlez de confrontation. L'auteur de cet article montre au contraire que tous les citoyens vivent dans le même monde, celui de la consommation.
Nous vivons dans un État de droit, régis par des lois qui pourraient bien être injustes. Baubérot nous dit dans son émission Tv sur ce site que la loi de 1905 au contraire de mesurettes actuelles unissait des courants antagonistes : des libres-penseurs anti-religieux et plusieurs religions. Son point de vue juridique assurait le respect de tous.
Vous représentez le point de vue des libres penseurs, anti-religieux. Tel est votre point de vue que vous ne sauriez confondre avec celui de l'ensemble des citoyens français.
Palazzo (suite et fin). Même si l'islam est défiguré par les médias, il est une religion. La loi de 1905 exigeait son respect et non sa condamnation par l'Etat.
Le printemps arabe demande à son tour le respect de l'islam, méprisé par les colonisateurs. Les mouvements islamistes ont toujours eu cette revendication.
La laïcité ne saurait non plus s'opposer à une ou plusieurs religions particulières.
Ce n'est qu'en vous situant dans un cadre français et pluraliste que vous pourrez débattre et dialoguer tant avec des libres-penseurs qu'avec des religieux, y compris sur ce site et son pari pluraliste.
" Le plus grand Djihad (effort) n’est-il pas le Djihad Nafs (l’effort contre son ego) ? "
Je termine tout juste l'article que je trouve très juste et qui m'interpelle curieusement(j'ai très peu de temps hélas et je profite d'un dimanche bien mérité pour rattraper "mes" lectures en retard).
Comme chaque jour(ou presque),je décroche le feuillet d'un calendrier(musulman of course)sur lequel est écrit pour la plupart "hadiths",versets et autres rendez-vous religieux.
Je crois bcp aux signes et Notre Seigneur Nous invite à les observer si tant est qu'on soit pourvu d'intelligence(à chacun les siens,à tous de les trouver).
Je disais donc que ce matin,après avoir décrocher le feuillet du vendredi(suis rentré samedi),et avant de lire l'article de M.Assemi,il était écrit ceci:
Le Prophète(saws)a dit:
" N'entrera au Paradis celui qui a dans son cœur le poids d'1 atome d'orgueil".
suite ...
suite...
" Quelqu"'un dit alors:
"On aime pourtant avoir un bel habit et de belles chaussures ".
Il dit: " Dieu est beau et Il Aime la beauté.l'orgueil c'est le fait de ne pas accepter une vérité venant des autres et de les mépriser" hadith rapporté par Moslim selon Abdoullah Ibn Mas'oud.
L'orgueil,mes amis l'orgueil, c'est ce qui nous divise.
"A la rupture des routes correspond la cassure du monde musulman en un islam turc, un islam égyptien, un islam maghrébien, un islam espagnol. Les particularismes sous-jacents resurgissent et les vieux fonds, préexistants à la conquête musulmane mais refondus par elle, donnent les civilisations musulmanes...
suite bis ...
Suite...
"...Pourtant, même en son déclin économique, l'aire musulman continuera longtemps encore de rayonner intellectuellement sur le monde par ses sciences, sa philosophie: pour la médecine notamment, il jouera un rôle important non seulement dans le mouvement de la Renaissance, mais jusqu'au XIXe siècle..."
Maurice Lombard
Fichtre encore un lien qui va me valoir l'ire de kader!
des gens qui réfléchissent .
"190. En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence" Sourate 3
"6. Dans l'alternance de la nuit et du jour, et aussi dans tout ce qu'Allah a créé dans les cieux et la terre, il y a des signes, certes, pour des gens qui craignent (Allah)." Sourate 10
"13. Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des gens qui réfléchissent." S 45
Ma chère Liliane, c'est bien, qu'en écrivant : "Ce n'est qu'en vous situant dans un cadre français et pluraliste que vous pourrez débattre et dialoguer tant avec des libres-penseurs qu'avec des religieux, y compris sur ce site et son pari pluraliste." vous fassiez ainsi la différence entre libres-penseurs et religieux.
En France c'est une nouveauté de considérer que toutes les opinions se valent, une mode nous venant de la planète bobo, anihilant ainsi tout esprit critique en l'encontre de l'autre, de même que de considérer que parce que ces opinions viennent d'une religion qu'elles en seraient de facto respectables.
Je ne partage pas ce point de vue. Je ne vois aucun blasphème à considérer qu'une religion, plus qu'une autre, soit abrutissante et aliénante lorsque ses ouailles entendent suivre des préceptes vieux de plus de mille ans à la lettre, dans un contexte qui les rend obsolètes.
L'adaptation reste une qualité fondamentale, j'oserais dire supérieure, de l'espèce humaine.
Un peu de philosophie de grâce!
" l'islam ,c'est la science du droit... En Islam,il n'y a pas de sortie,c'est un univers à la fois infini et clos.En islam il n'y a pas de dehors.La seule voie pour trouver une issue hors de ce qui à nos yeux est un carcan théologico-juridique ou littéraliste,c'est l'intériorité..." Christian Jambet (8')
Cher Palazzio,
Vous n'ignorez pas que l'on parle des libres penseurs parce que c'est ainsi qu'ils se nomment. Personne n'ignore que les mots sont différents des choses, c'est-à-dire des réalités qu'ils signifient.
Les religieux sont tout aussi libres que les libres penseurs.
Le fait qu'ils se réfèrent à des Textes anciens est une réalité. Les lecteurs savent bien la modernité de ces Textes même s'ils ont paru à des époques différentes. On y retrouve les principes fondamentaux de toute religion. Ils sont en accord avec les droits revendiqués par tout être humain. Ils sont de plus inscrits dans le cœur de tout homme, selon la "filtra" arabe.
Parler d'une religion pire que les autres est un discours bien connu, celui de la colonisation. Le colonisateur à besoin de justifier sa domination par sa supériorité..
Il ne s'agit pas de renoncer à tout jugement de valeur mais simplement de reconnaître que les meilleurs ne sont pas les maîtres. L'esclavage a sans doute été aboli même par les.
Même par les libres-penseurs ?
Je n'essaie pas de vous convaincre, proposant simplement un autre cadre de réflexion. La libre pensée est un courant noble tant qu'il ne conduit pas au mépris des autres. Il convient de les reconnaitre comme animés du même bon sens, "la chose du monde la mieux partagée".
La réflexion demeure à faire même dans ce cadre nouveau et il y a place pour des contestations. Il ne s'agit plus cependant d'enseigner nos vérités mais de les découvrir avec d'autres citoyens réels, différents d'apparences médiatisées.
Ils peuvent être "libres-penseurs" ou religieux...