Après l'utilisation du corps de la femme en tant qu'argument publicitaire, le Vlaams Belang parti nationaliste flamand d'extrême-droite vient de se lancer dans une campagne islamophobe à travers des affiches sur lesquelles on peut voir, une femme en bikini, le visage couvert d'un voile noire qui ne laisse apparaitre que les yeux avec comme slogans: « Liberté ou Islam, savoir choisir », et « Les femmes contre l’islamisation ». En chute de plus de 10 % depuis les dernières élections du Parlement flamand de juin 2009, ce parti séparatiste, islamophobe et raciste compte bien se refaire une santé en exploitant le "filon islam", particulièrement rentable sur le plan électorale.
La ritournelle est bien connue, le musulman est le « bouc émissaire » idéal, responsable de la crise de la dette et de l’euro. A défaut d'un programme efficace, il est de bon ton de surfer sur cette peur de l'islam savamment entretenue pour mieux faire oublier les vrais coupables d'une récession économique, source de nouveaux profits pour une oligarchie financière plus prédatrice que jamais.
Commentaires
C'est assez typique d'une certaine extrême-droite, ou de mouvements du type "Ni Putes Ni Soumises": la liberté est assimilée à une femme dénudée.
A croire que l'on mesure le niveau de liberté d'une personne à la surface de peau qu'elle exhibe.
Mais ... mais ... je la reconnais ... C'EST MA FEMME !!!
POMPONETTE ... RENTRE A LA MAISON ... TOUT DE SUITE !!!
Le message distillé par ce parti d'extrême droite relève effectivement de la propagande la plus nauséabonde. Mais le plus grand piège serait de s'attarder en échanges stériles sur les thèmes de l'islamophobie, du populisme, de la burqa, sur Guéant... Ces échanges web, au café, au travail sont en réalité insidieusement prémédités par ce même parti et plus généralement par le populisme occidental très en vogue actuellement. Le plus important étant occulté.
Quel est ce piège ? Il se résume en l'adage "PILE JE GAGNE, FACE TU PERDS". En l'occurrence, les perdants dans cette affiche publicitaire, sont en réalité des perdantes. Il s'agit des femmes pour lesquelles il n'existerait que deux choix uniquement: ou tu portes la burqa ou tu portes un bikini !
Et je vais me faire l'avocat de ces femmes, bien qu'elles n'en aient guère besoin, la supercherie étant évidente pour celle qui veut bien regarder avec des yeux libérés de toute burqa intellectuel : « toutes les musulmanes portent la burqa et toutes les non musulmanes portent le bikini ! »
La messe est dite, Amin !
Ainsi, si tu es musulmane, tu es outrée de devoir être comparée à une femme dénudée (sentiment vécu par une musulmane); et si tu n'es pas musulmane, on te dit que tu risques un jour de porter la burqa (position non musulmane). C'est l'émotif qui ici est mis en en avant, et c'est par ce prisme qu'on veut nous faire réfléchir. Or, on ne « réfléchit » pas avec l'émotion, cela est une constante. Ce type de "réaction" stéréotypé aboutit à une modification (orientation) de la pensée dont la première conséquence demeure le travestissement de la réalité projeté (i.e une réalité supposée). La seconde conséquence résulte de la première ; la réalité, bien que réel, sera vécu de manière irréelle : c’est la définition de la manipulation.
C’est donc en revenant à la réflexion personnelle avec d’autres outils que ceux qui nous sont imposés (discours doxiques dont l’affichage publicitaire par exemple) qu’on arrivera à filtrer les informations, pour faire la différence entre éléments réels expérimentés et éléments imaginaires préfabriqués et près à penser. Sinon on n’est plus du tout libre, ou alors comme dirait Tariq ramadan, nous croirions être libres quand nous serions en réalités des « colonisés en liberté »…
Durkheim avance l'idée que la raison doit se dégager progressivement de la sphère des émotions pour assurer le développement de la civilisation. Or, c’est l’inverse qui est aujourd’hui la norme dans la civilisation qui est aujourd’hui mis en exergue par le philosophe atemporel, Mr Guéant !
De là à conclure que la civilisation occidentale pourrait être la cause de la perte de l’Homme en ce sens qu’elle lui fait oublier qui il est, je ne l’affirmerais pas, préférant laisser aux autres le soin d’apprécier…
Oh que c'est bien vu, tout cela ... bravo !
Cordialement
"on ne « réfléchit » pas avec l'émotion, cela est une constante"
CQFD.....Merci Jeanmoulin.
Bravo Chambard,
Une note d'humour digne de Pagnol dans ce monde de brutes, ça fait du bien !
Amitiés.
D'accord Jean Moulin,
Le meilleur est que dans la grande majorité des cas, les femmes ne portent ni la burqa, ni le bikini...
Nous pouvons rêver de telles tenues, voire même de leur coexistence, qu'est-ce que cela veut dire ? Nous nous retrouvons dans un harem des mille et une nuit...
Serions-nous des haremisées en liberté ? C'est ce que croit Gueant. Laissons-le rêver. Dans l'ensemble des civilisations, ces attributs mythiques sont absents. Revenons à notre époque sans oublier qu'un bikini est un costume de bain, deux pièces et qu'une burqa ne saurait laisser voir la poitrine.
Cette image est quasi pornographique. Elle est insolente et irréelle, quasi harèmisée....