Mercredi 23 July 2014
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La culture islamique n’existe pas!

La culture islamique n’existe pas!
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La culture islamique en tant que telle ne saurait exister, tout comme il n’existe pas de cuisine islamique, de vêtement islamique ou de musique islamique en dehors de son inscription dans l’effectivité d’une culture donnée. En une phrase, l’islam n’est pas une culture...

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L’islam est fortement empreint d’une connotation culturelle arabe principalement du fait que la religion musulmane se déploie dans la langue arabe, à travers et par le Coran révélé et transmis dans cette langue[1]. La place d’une langue dans l’élaboration et les articulations d’une culture est évidemment déterminante. Mais ici, il nous faut clairement savoir que la culture arabe et la langue qui la véhicule ne participent en rien à la constitution de l’identité religieuse islamique ou islamité, sans en minimiser pour autant la forte influence. L’arabité elle seule incarne l’identité synthétisant la culture arabe, elle-même étant d’ailleurs plurielle.

Arabité et islamité, une différence pas toujours évidente.

Aussi l’immigration massive de populations originaires des régions arabisées du monde vers les sociétés occidentales, a participé à l’entretien d’une confusion déjà bien profonde et ancienne entre le personnage de l’Arabe et celui du musulman. Le « Maure », le « Sarrazin » ou le « Mahométan » d’antan participent ainsi à la définition de l’identité musulmane par l’Occident, tout comme le Turc, le Perse, le Berbère ou l’Afghan qui, par confusion, ne seraient in fineque des expressions différentes de l’arabité. « L’aire arabophone qui se réclame depuis un demi-siècle, voire un siècle, de l’arabité linguistique au départ, puis politique […] ce monde arabe n’est pas le tout du domaine de l’Islam, bien loin de là. Le croire est une erreur répandue en Occident chez la majorité des gens non avertis »[2].

Ce « parti pris arabiste » [3] dont nous parle l’historien américain Marshall Hodgson, est allé dans l’étude de la « civilisation islamique » jusqu’à voir celle-ci « comme ayant souffert d’une éclipse après les quelques premiers siècles de gloire arabe, du moins jusqu’à la résurgence de l’indépendance arabe dans les temps modernes. […] D’où l’équivalence généralement implicite entre les termes "arabe" et "islamique", ce qui est aussi injuste à l’égard des Arabes chrétiens et juifs qu’à l’égard de la grande majorité des musulmans non arabes »[4].

Il ne faut donc en rien associer l’ethnicité à la religiosité. L’arabité n’est pas l’islamité. Autrement dit, un musulman n’est pas forcément un arabe et inversement. « On retrouve cette ethnicisation de la religion à la fois dans les politiques de l’État, dans le regard des Français, et aussi dans la stratégie de certains groupes islamistes »[5] remarque également Alain Gresh.

Cette ethnicisation construit et entretient une identité musulmane qui n’a aucune réalité et relève strictement d’un imaginaire qui « propose aux musulmans d’être des musulmans sans islam »[6], l’islam faisant à son tour l’objet d’une construction imaginaire qui l’altérise. Ainsi « une personne peut être musulmane […] aussiparce qu’elle est assignée, de l’extérieur, à cette identité pour la simple raison qu’elle est originaire d’un milieu ou d’un pays à majorité musulmane : c’est ici la définition large, assise sur une conception ethnique ou culturelle »[7].  Cette définition est tout bonnement une erreur d’appréciation monumentale.

Distinguer culture et religion… jusqu’au bout !

Les Arabes comme les Berbères, les Turcs, les Kurdes, les Afghans, les Africains subsahariens ont eu à faire face, dans un premier temps, à des blocages enfreignant leur socialisation, que leurs langues et leurs cultures engendraient naturellement au moment de leur établissement dans les sociétés occidentales. On a pu observer des regroupements et des réflexes socioculturels dans l’élaboration de leurs stratégies d’occupation de l’espace social et d’insertion socio-économique.

Souffrant de discriminations et d’un racisme leur reprochant de ne « vouloir », voire pis de ne « pouvoir » s’intégrer aux sociétés d’accueil tant ils s’attachaient à leur identité ethnique au « fort caractère », ces populations ont ainsi forcé l’isolement de marqueurs exclusivement religieux des formes culturelles des différentes ethnies d’origine. Dès lors « la séparation entre religion et culture est donc un fait »[8].

Ce fait s’explique notamment par l’individualisation et la sécularisation qui caractérisent les sociétés occidentales dans lesquelles l’identité musulmane se penserait comme minoritaire. C’est en ce sens qu’Olivier Roy parle de « la perte de l’évidence religieuse »[9] que les sociétés sécularisées engendrent et qui se traduit par l’individualisation du religieux.

Á ce propos pour Jocelyne Cesari, faisant de la sécularisation en Occident « une norme culturelle […] qui désigne aussi et surtout le déclin de l’influence social du religieux […] être musulman en Europe et aux États-Unis revient à faire sortir le lien à l’islam de son évidence, de son statut de donné communautaire, culturel ou social, pour le faire entrer dans la sphère des choix individuels… »[10].

Si « la nouveauté apportée par le passage à l’Ouest de l’islam, c’est la déconnection de l’islam comme religion d’avec une culture concrète »[11], il est néanmoins inconcevable de ne pas considérer la nécessaire et synchronique reconnexion de la religion à une culture autre, lui permettant de se concrétiser, sans quoi l’islam ne serait qu’abstraction pure et n’induirait aucun des comportements ou pratiques s’en réclamant.

Aussi, la visibilité du religieux n’est dès lors hypertrophiée dans l’espace public, c’est-à-dire dans l’espace commun, que parce qu’elle agace l’homogénéité supposée des cultures ambiantes par le déplacement de marqueurs religieux d’un univers culturel à un autre. « Le marqueur religieux circule sans marqueurs culturels, quitte à se reconnecter avec des marqueurs culturels flottants »[12]. Ajoutons qu’il semblerait bien que la sécularisation pousse la religion à se déconnecter de la culture ambiante, offrant à celle-ci la possibilité d’être appropriée par n’importe quelle autre religion.

Changer de religion sans changer de culture, et inversement !

Et c’est ici que nous ne suivons plus l’analyse d’Olivier Roy lorsqu’il affirme qu’en aval, cette religiosité sécularisée « se retourne contre la culture ambiante perçue non plus comme simplement profane, mais bien comme païenne »[13]. Ce peut effectivement être le cas pour une identité religieuse qui se construit, déjà en amont, en réaction « à la culture ambiante » (c’est-à-dire la culture dominante) et qui prétend produire une culture de son propre chef et dans son intégralité.

Il est en fait question de l’illusoire pureté identitaire, du « pur religieux» dont parle justement le politologue français[14]. Cette démarche purificatrice prétend dépasser et réduire les contingences historiques que rassemble en elle toute culture en tant que telle. Mais pour ce faire, cette prétention ne peut absolument pas éviter de s’inscrire dans un temps et un espace qui l’initie et la conditionne, et donc, dans une culture…

Cela ne signifie pas que le religieux soit nécessairement une forme culturelle, car la religion apparait de façon d’autant plus évidente lorsqu’elle se distingue de la culture. La religion établit, tout comme la culture, un rapport étroit au temps et à l’espace, mais un rapport sacralisé[15]. Sans sacré (dont peut se passer la culture), il ne peut y avoir de religion. La production culturelle des musulmans des sociétés occidentales maintient donc une tension à l’égard du sacré mais sous la forme d’une acculturation déterritorialisée. Autrement dit, le religieux se vit indépendamment du culturel qui lui-même s’en isole pour pouvoir être partagé. On peut ainsi changer de religion, sans changer de culture ! Et inversement…

Mon voisin Mohamed est un occidental !

S’il est évident que « le concept de culture musulmane, qu’on le prenne dans sa dimension anthropologique, sociologique ou civilisationnelle […] ne fonctionne pas »[16], il n’en demeure pas moins que nous avons bien l’expression de différentes religiosités culturelles musulmanes. Ainsi en va-t-il des articulations entre l’identité culturelle et l’identité religieuse des musulmans des sociétés occidentales. Les générations issues de ces premières vagues d’immigration ayant grandi dans les sociétés occidentales, s’enrichissant des cultures d’accueil tout en les enrichissant à leur tour, sont dans la résignation de devoir reléguer à la mémoire des éléments de l’identité culturelle d’origine.

Autrement dit, se meurt à petit feu dans leur identité culturelle effective des pans entiers d’éléments appartenant aux cultures d’origine. Loin d’avoir affaire à un phénomène d’ethnicisation du religieux ou à des formes de métissage culturel[17], les mutations de l’identité culturelle des musulmans des sociétés occidentales offre à voir au contraire un processus de désethnicisation du religieux. Certes les représentations ont toujours un temps de retard par rapport aux pratiques. Ainsi un Mohamed quelconque de ces nouvelles générations, aura encore du mal à admettre qu’il est un occidental même s’il porte un nom arabe, et ce, pour diverses raisons qu’il conviendrait d’analyser ailleurs.

Ainsi nous pourrions clarifier les choses en mettant en évidence qu’en réalité, c’est la cultureislamique arabe[18] qui voit son arabité, agonisante mais pas morte, se ranger sans complètement disparaître dans la mémoire d’une identité mouvante, pour laisser « naître » en lieu et place son occidentalité, mutant ainsi en cultureislamique occidentale. Dès lors, né et entièrement scolarisé en France, ne parlant que la langue de Voltaire, mangeant une pizza au jambon[19], accompagné d’une coupe de champagne ou d’une cannette de bière[20], vêtu d’un t-shirt de marque américaine[21] et d’un jean de marque italienne[22] et écoutant du heavy metal[23], notre Mohamed est probablement de mémoire arabe[24], et manifestement de confession musulmane[25], mais on conviendra qu’il est assurément de culture occidentale[26].

La réalité, on le sait, est bien plus complexe que cela encore, néanmoins on n’insistera jamais assez sur le fait que « l’identité musulmane n’est donc pas un donné. Elle s’incarne dans des catégories variables »[27], dans des cultures se caractérisant par des modalités d’expression originales, traditionnelles ou non. Nous voyant ainsi loin de vouloir souscrire au culturalisme comme paradigme de l’anthropologie culturelle, la culture islamique en tant que telle ne saurait exister, tout comme il n’existe pas de cuisine islamique, de vêtement islamique ou de musique islamique en dehors de son inscription dans l’effectivité d’une culture donnée. En une phrase, l’islam n’est pas une culture, tout comme l’Occident n’est d’ailleurs pas une religion.

Notes:

[1]L’Asie comme l’Afrique sub-saharienne relativisent notre assertion. La réalité sociale et culturelle de ces sociétés dans lesquels l’islam demeure une référence centrale, marginalise voir parfois stigmatise la langue arabe, la cantonnant notamment chez les lettrés religieux.

[2]Hichem Djaït, La crise de la culture islamique, Paris, Fayard, 2004, p. 11.

[3]Marshall G. S. Hodgson, L’Islam dans l’histoire mondiale, Arles, Actes Sud, 1998, p. 128.

[4]Ibid.

[5]Alain Gresh, L’islam, la République et le monde, Paris, Fayard, 2004, p. 130.

[6]Tariq Ramadan, Être musulman européen. Étude des sources islamiques à la lumière du contexte européen, Lyon, Tawhid, 1999, p. 298.

[7]Thomas Deltombe, L’islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, Paris, La Découverte, 2005, p. 7.

[8]Olivier Roy, L’islam mondialisé, Paris, Seuil, 2002, p. 79.

[9]Ibid., p. 80.

[10]Jocelyne Césari, L’islam à l’épreuve de l’Occident, Paris, La Découverte, 2004, p. 70-72

[11]O. Roy, L’islam mondialisé, op. cit., p. 17.

[12]Olivier Roy, La sainte ignorance. Le temps de la religion sans culture, Paris, Seuil, 2008, p. 22.

[13]Ibid., p. 24-27

[14]Ibid., p. 178-189.

[15]Giovanni Filoramo, Qu’est-ce que la religion ? Thèmes, méthodes, problèmes, Paris, Cerf, 2007, p. 187-201.

[16]O. Roy, L’islam mondialisé, op. cit., p. 72.

[17]Ibid., p. 72 et 77.

[18]Ou maghrébine, amazigh ou tout autre par ailleurs…

[19]… de dinde, et de la dinde halâl !

[20]… sans alcool.

[21]… comme Muslim Gearou Daawah Wear…

[22]… comme Al Quds.

[23]… comme le groupe Taqwacoreréunis avec d’autres dans Flowers in the desert 

[24]… à préciser : algérienne, libanaise…

[25]… à préciser aussi : sunnite, chiite…

[26]… encore à préciser : française, suédoise…

[27]O. Roy, L’islam mondialisé, op. cit.,p. 64.

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Commentaires

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Sharaf
-620 points

Bonjour à tout le monde,et bonne année 2012,

Excellent exposé frère Rachid,tout comme votre beau prénom,aller "je" vais vous énervez un peu beaucoup, fote de ne rien trouver à écrire de mieux(sarcasme):

-[J'aurais souhaité tout de même voir en "notes", signaler un peu plus,des régions bien lointaines de nous géographiquement,pourtant majoritaire en populations,tel l'Indonésie,l'Inde,la Chine,la Russie et le continent Noir avec ses diverses langues et cultures propres (le Wolof,le Swahili,bamanankan(le bambara), etc).

Le livre de Vincent-Mansour Monteil,"aux cinq couleurs de l'Islâm"
était justement dans cette même thématique "socio-éthnologique" de "l'islamité" qui est certes très distincte de "l'arabité" voire de l'arabisme moderne qui est finalement à l'antipode de la doctrine islamique(al-'aqîdah al-Islâmyah).]

Ce me semble,Dieu est le plus Savant et le plus Sage.

Merci à vous,Cordialement.

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Pancole
-4221 points

Fort bien! Dans ces conditions Mr Gresh serait bien inspiré de venir sur le site d'Oumma lire les interventions des "musulmans" et il pourra voir que toutes se confondent avec la notion d'arabité et de nationalisme.

L'islamité en devenant proprement subsidiaire en sa seule qualité de plus petit commun dénominateur.

En France il suffit de regarder la tenue vestimentaire d'un musulman pour savoir de quel pays il est originaire.

Alors? Tout dans la réalité dément le titre de cet article.

L'islam est avant tout communautaire. La confusion n'est pas externe elle est intrinsèque. C'est une évidence.

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Veli
10 points

Salam,

Excellent papier.
Tous le problème tourne autour de ce fantasme de pureté que vous indiquez et il est intéressant de noter que les institutions occidentales alimentent elles-mêmes cette confusion. Elles-mêmes voient de l'islamité partout.

Par contre, je pense que le titre va trop loin. Qu'on prenne l'expression de la "culture" au sens identitaire, avec la dimension par exemple éthique, ou qu'on la prenne au sens du patrimoine, avec le logo-centrisme de l'art islamique, je pense qu'on peut malgré tout parlé d'une culture islamique, même elle se manifeste de multiples façons. Toutefois, je suis conscient que votre analyse n'évoque pas cette dimension.

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Liliane Bénard
-309 points

Rachid id Yassine évoque un concept précieux : l'inculturation. En d'autres termes, la pénétration d'une religion dans des cultures différentes. L'islam a vécu moule fois ce phénomène lors de son expansion. La perse, la Turquie, l'Afrique etc. ont compté nombre de musulmans sans renoncer à leurs cultures.

Des croyants ont certes appris à lire l'arabe du Coran pour prier Dieu et se situer sur la voie droite mais sans renoncer aux valeurs universelles que leurs peuples continuaient à défendre sous des formes originales, différentes de celles des peuples arabes. Des artistes ont développé leurs expressions.

Le Coran et le Prophète lui-même ont développé ce thème. Le Coran à été traduit dans toutes les langues de la terre. Aucun lecteur ne peut dire le contraire ni refuser l'usage de sa raison.

L'imagination est un don de Dieu et chacun doit en faire usage y compris dans le domaine politique, artistique et religieux. Dieu parle certes toutes les langues de la terre !

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Liliane Bénard
-309 points

Cela ne signifie pas que l'islam arabe n'a pas sa spécificité. Il correspond certes à plusieurs cultures. Il y a aussi un islam européen, américain, africain...chacun essayant d'intégrer la parole de Dieu à sa culture.

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Hayat
-138 points

Un excellent article qui met bien en lumière comment il peut être opportun pour certaines personnes de systématiquement et volontairement lier toute forme de manifestation d'ethnicité à l'islam. Histoire de pointer que le musulman est obligatoirement différent- étranger- pour ne pas dire, étrange. Pour ne pas dire..inquiétant.

Avec sa remarque sur les traditions vestimentaires qui permettraient soi disant de géo-localiser tout musulman, notre "ami" Palazzo nous fait encore la démonstration de comment opérer ce glissement. Ou comment essentialiser "le" musulmans en rattachant systématiquement à sa religion des comportements qui relèvent du champ culturel, ne le réduire qu'à cette différence et volontairement omettre tout comportement qui tend à montrer que le musulman est aussi désormais, et de façon croissante, de culture occidentale..et donc peu différentiable sur des critères culturels.

Salam

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Saladin
-81 points

A l'époque même du prophète, la majorité des arabes n'étaient pas au début musulmans et ont fait la guerre au prophète et aprés le triomphe de l'islam, bon nombre d'arabes ne se sont pas convertis à l'islam et il y'avaient à cet époque des arabes juifs chrétiens, athés qui vivaient au milieu des musulmans comme aujourd'dui

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Sharaf
-620 points

Comme l'exprimait justement si bien notre sage Hampaté-Bâ:

<< L'Islâm est comme une eau claire qui prend la couleur des terrains qu'elle traverse,sans perdre pour autant sa nature originelle.>>

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Pancole
-4221 points

Hayat, il reste le fait que de plus en plus d'enfants d'immigrés d'origine maghrébine, dans les écoles laïques, déclinent d'abord leur nationalité marocaine ou autre, s'affirment musulmans, avant de se définir comme Français. C'est une ambiguïté entretenue (on le voit ici) et navrante car ces enfants sont non seulement nés en France mais souvent leurs parents aussi. Le culte des racines est un prétexte qui conduit au repliement ethnique et confessionnel.
Cette ambiguïté empiète clairement sur le message délivré dans nos écoles et peut aller jusqu'à la remise en cause des programmes, sans compter les accusations de plus en plus fréquentes de racisme à l'encontre des professeurs avec lesquels ils rencontrent des problèmes d'ordre scolaire. C'est un prétexte facile pour se dédouaner de toute responsabilité personnelle.

La confusion entre islamité, avant tout culturelle, et arabité est constante.
Un Français ne se définit que trés rarement en fonction de son européanité ou de sa religion.

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Liliane Bénard
-309 points

C'est un fait que chacun peut connaître. En France, les citoyens sont tout aussi multiples. Il y a des arabes et des musulmans, victimes du racisme et de l'islamophobie. Les arguments qui justifient ces débordements sont faibles. Ils se contentent de refuser la pluralité des cultures.

L'école de la république n'est pas chargée de prouver la supériorité de la culture française. Elle devrait connaître la francophonie et enseigner la langue française, si bien utilisée par des arabes et des musulmans.

Le choix de ce point de vue modifie des attitudes et pourrait soigner des complexes de supériorité.

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Hayat
-138 points

Votre discours, qui n'évolue jamais quel que soit votre interlocuteur et le contenu de son propos, est de l'ordre de la propagande, Palazzo.

"Un Français ne se définit que trés rarement en fonction de son européanité ou de sa religion."

Eh bien, il faudra vous y faire. Car désormais ne vous en déplaise , une bonne partie des français se définit aussi par sa religion. Religion qui constitue de leur point de vue un socle précieux leur permettant de pleinement s'investir et contribuer en tant que citoyens , partout.

Si vous mettez en avant que votre athéisme constitue pour vous une force motrice, source de bien être et de constructivité, personnellement cela me va très bien, et vous ne me gênez en rien.

Avec un peu de bonne volonté, la réciproque devrait fonctionner aussi..

Salutations, oserais-je dire,... fraternelles?

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Liliane Bénard
-309 points

Palazzo,

J'ai essayé de vous dire que l'islam est une religion qui pénètre bien des cultures. Vous continuez à en faire un élément culturel.

C'est possible dans la mesure où la religion s'ajoute à la nature. Pour l'islam, la nature humaine n'est pas mauvaise si elle s'oriente vers son créateur. Il est vrai que beaucoup d'hommes se prennent pour Dieu.

Cette erreur fort répandue ne saurait nous masquer que le chaos actuel pourrait bien dépendre de la surdité des hommes vis-à-vis de la parole de Dieu qui a été transmise également aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans.

Vous pouvez refuser cette parole. Ce refus n'engendre pas moins le désordre dont nous souffrons.

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Pancole
-4221 points

L'islam introduit en France des pratiques archaïques qui percutent la culture majoritaire.
Ces héritages issus de pays n'ayant pas connu notre évolution, ne peuvent être vus comme un enrichissement.
Les Français ne se définissent plus par leur religion depuis longtemps et l'islam entend rétropédaler en prétendant que ce serait un progrès. Vous voulez effacer l'évolution des moeurs, de la sexualité, l'émancipation de la femme, l'épanouissement individuel... En 68 les musulmans n'étaient pas là, ils ne connaissent aucun des fondements sociologiques qui sous tendaient cet évènement, vous voulez faire comme si avant l'islam la France n'existait pas.
Il existe en France un sentiment d'appartenance qui dépasse le fait religieux. Vous tentez de l'occulter en nous parlant de diversité culturelle qu'il nous faut accepter et vous vous crispez sur des référents culturels allochtones que vous placez au dessus de tout.
Imaginez simplement la réciproque en Tunisie, au Maroc, ou ailleurs.

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Hayat
-138 points

"Il existe en France un sentiment d'appartenance qui dépasse le fait religieux. Vous tentez de l'occulter en nous parlant de diversité culturelle qu'il nous faut accepter et vous vous crispez sur des référents culturels allochtones que vous placez au dessus de tout."

Mais pas du tout. Le sentiment d'appartenance des français est quelque chose que je partage, comme bon nombre de mes coreligionnaires. La diversité culturelle est un fait qui a toujours été et qui fait ce que nous sommes aujourd'hui, et ce que nous serons demain. Une culture hermétique est morte, une culture ouverte est ancrée, évolue, s'enrichit au fil des apports et des brassages. Le monde fonctionne ainsi et vous n'y pouvez rien. Aujourd'hui, que vous le vouliez ou non, une partie des français, de culture française, est musulmane. Il est curieux que vous assimiliez cet apport à une menace alors que d'autres apports (les jeans, le mac do, la télé poubelle, etc..)ne sont jamais perçus comme culturellement destructeurs.

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Hayat
-138 points

Par ailleurs, Palazzo, le regard que vous portez sur les apports culturels de l'immigration, campé sur votre certitude d'unité nationale mise en danger par ce qui vient de l'extérieur sont le fruit d'une vision binaire (c'est "nous" ou c'est "eux", grrr!) qui ignore tout des mouvements adaptatifs,des démarches stratégiques, de la dialectique et des mécanismes psychiques complexes de réélaboration mis en oeuvre en situation d'interculturalité et qui permettent à la personne de se construire une identité unifiée.

A l'exacte image de vos interventions catastrophistes, figées, et imperméables, le courant de pensée que vous représentez est à peu près aussi vivant qu'une pièce de musée, ("une souche, c'est mort, comme dirait l'Auvergnat"). Votre vision simpliste fait complètement fi du fait que l'être humain évolue en permanence et votre idéologie n'est qu'une manipulation.

Bon dimanche.

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Pancole
-4221 points

Vous avez une vision intellectualisée, déconnectée du réel. Ce que vous décrivez est ce qui se passe normalement dans une société ouverte sur les autres, la notre l'est seulement si les autres s'ouvrent à elle. Aujourd'hui notre société se heurte à des minorités culturelles qui se ferment sur elles-mêmes.

Je serais rassuré si les musulmans dont vous parlez, vous ressemblaient, mais je m'inquiète de votre incapacité foncière à porter un jugement critique sur ceux qui ne vous ressemblent pas. Vous vous l'interdisez en considérant que c'est leur affaire alors que c'est l'affaire des musulmans français et des non-musulmans car ils compromettent le modèle auquel nous sommes tous attachés.

Les juifs, les catholiques n'ont aucun état d'âmes à fustiger leurs intégristes, curieusement il y a chez les musulmans une espèce de gêne à porter un regard critique sur leurs extrêmistes, ceux pour lesquels la religion est une contre-culture de combat.

La souche morte n'est pas où vous l'imaginez

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daniel bohbot
-554 points

Je reconnais que je "chat"un peu partout,journaux etcet... mais le site Oumma recouvre un nombre incalculable de philanthrope,mais non, c'etait pout rire.

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amad salem
5 points

Le négationnisme identitaire pour les arabes et les musulmans date au moins du 19ème s. En étayant son corollaire «l’islam n’est pas une culture», Rachid Id Yassine va démontrer que ni l’islamité ni l’arabité n’existent comme «culture» ni comme identité confessionnelle et linguistique pour un ensemble humain non des moindres. Pour cela, il va se suffire de «réhabiliter» les idées et clichés d’antan en les habillant du look 21ème s. Sa méthode est la rhétorique sophiste. "Culture" signifie, dans le texte : «cuisine, vêtement, musique». Cette «culture» n’existe dans aucune religion. L’auteur en est conscient, c’est pourquoi il n’a opposé à l’islamité et à l’arabité qu’une «identité» : l’Occident. Oui, mais «occident», c’est quoi au juste ? Si l’auteur avait dit "En une phrase, la religion n’est pas une culture", ce qui est vrai en soi, l'auteur n'aurait pas été un «sociologue» néo-durkheimien.